L'inventaire cryptographique, par où commencer

Tous les guides post-quantiques commencent par la même étape. L'ANSSI conseille aux organisations publiques et privées de démarrer dès à présent un inventaire. Le projet de migration du NIST fait du repérage des usages de la cryptographie à clé publique la première étape de la planification. Le NCSC britannique demande un exercice complet de découverte d'ici 2028. Puis les guides vous laissent seul avec un tableur.

Voici comment rendre ce tableur utile, en partant de ce que l'ANSSI attend qu'il contienne.

Ce qu'attend l'ANSSI

Dans sa FAQ sur la cryptographie post-quantique, l'ANSSI demande à chaque organisation un inventaire des produits et usages métier intégrant de la cryptographie, des algorithmes utilisés, et des données dont la confidentialité ou l'authenticité doivent être garanties après 2030, « en précisant systématiquement cette durée ».

Trois colonnes, donc. Où, avec quoi, et pour combien de temps. La troisième transforme une liste en plan.

Partir des données

Un inventaire qui part de l'infrastructure recense des milliers de certificats TLS et s'y noie. Partez des données qui doivent rester secrètes ou prouvables pendant des années, et suivez-les.

  • Les archives et les sauvegardes. Ce qui est chiffré, avec quelle clé, et combien de temps c'est conservé.
  • Les documents échangés avec des partenaires. Contrats, dossiers médicaux ou financiers, plans industriels, envoyés par e-mail ou par transfert de fichiers.
  • Les signatures qui doivent tenir. Contrats signés, factures, preuves, versions de logiciels.
  • Les données dans les applications. Champs chiffrés en base, jetons, fichiers chiffrés par le code lui-même.

Pour chacune, notez combien de temps elle doit rester protégée. Un dossier conservé 30 ans et chiffré aujourd'hui en RSA est exposé à la menace « collecter maintenant, déchiffrer plus tard » dès aujourd'hui.

Puis les systèmes

  • Les protocoles réseau. TLS, SSH, IPsec et les VPN. Un outil de découverte qui balaie le réseau en trouve la plupart.
  • Le code et les chaînes de déploiement. Les bibliothèques cryptographiques qu'appellent les applications, et les clés et certificats des chaînes de construction et de déploiement.
  • Les produits que vous achetez. Les outils de découverte peuvent manquer la cryptographie intégrée aux produits, comme le rappelle la fiche de la CISA, de la NSA et du NIST d'août 2023. Demandez la liste à chaque fournisseur, et sa feuille de route post-quantique.
  • Les clés et les certificats. Où ils sont stockés, à qui ils appartiennent, quand ils expirent.

Pour conserver le résultat dans un format standard, CycloneDX 1.6 définit une nomenclature cryptographique (CBOM), une façon structurée de décrire les actifs cryptographiques que les outils peuvent échanger.

Puis l'ordre

Croisez les deux listes pour classer le travail. La feuille de route européenne de juin 2025 demande de migrer les usages à haut risque fin 2030 au plus tard.

  • D'abord. Les données confidentielles à longue durée de vie chiffrées en RSA ou en courbes elliptiques. C'est la cible de la collecte pour déchiffrement ultérieur, et la plus simple à protéger, parce qu'elle passe par un format de fichier ou de message.
  • Ensuite. Les protocoles exposés, TLS en premier. Mettre à jour OpenSSL et les serveurs apporte souvent un échange de clés hybride.
  • Puis. Les signatures à longue durée de vie, les certificats et l'infrastructure de gestion de clés, dont les normes post-quantiques sont encore en cours de finalisation.
  • En dernier. Les données dont la confidentialité s'arrête dans quelques années, que la collecte pour déchiffrement ultérieur menace le moins.
Un inventaire sans durées est une liste. Avec elles, c'est un plan de migration.

Le garder vivant

Un inventaire est périmé le jour où une nouvelle application part en production. Donnez un responsable à chaque ligne, revoyez-le à intervalles fixes, comme NIS2 et DORA le demandent déjà pour la politique cryptographique, et ajoutez la question de l'algorithme à chaque nouveau projet et à chaque achat.

Où se place Feranor PQC Suite

Quand l'inventaire fait apparaître des fichiers et des messages à longue durée de vie chiffrés en RSA ou en ECDH, Feranor PQC Suite les protège. Sa ligne de commande rechiffre les archives classiques, issues d'OpenSSL, de S/MIME ou de .NET, vers des destinataires post-quantiques hybrides, par lots et avec un journal. Ses messages sont au format CMS standard, et fpqc inspect montre les algorithmes de chacun, ce qui facilite le prochain inventaire.


Les composants, les algorithmes, les performances et les tarifs, sur une seule page.

Chiffrer en post-quantique avec Feranor PQC Suite ➔