Vos archives chiffrées en RSA sont déjà exposées
Une organisation qui adopte la cryptographie post-quantique commence souvent par ses nouveaux échanges. C'est logique, et c'est insuffisant. Les sauvegardes, les archives et les documents échangés ces dix dernières années sont chiffrés en RSA ou en courbes elliptiques, et ce sont précisément eux que vise le harvest now, decrypt later.
Une copie de ces archives prise hier, chez un prestataire, sur une bande de sauvegarde ou dans une boîte mail, sera lisible le jour où un ordinateur quantique saura casser RSA. Le seul moyen de la protéger est de rechiffrer l'original, tant qu'il est encore temps.
Rechiffrer sans déchiffrer sur disque
La commande fpqc reencrypt de Feranor PQC Suite fait passer ces archives en cryptographie post-quantique, fichier par fichier. Elle ouvre chaque message avec l'ancienne clé, le chiffre de nouveau pour vos destinataires post-quantiques, et n'écrit jamais aucun contenu en clair.
fpqc reencrypt archive/*.p7m --key old-rsa.pem --key old-ec.p12 --key-passphrase-file key.pass -r bob.pem -d migrated
- Les entrées. Les messages CMS classiques que produisent OpenSSL (
cms -encrypt), les clients S/MIME et EnvelopedCms de .NET, chiffrés en RSA (PKCS #1 v1.5 ou OAEP) ou en ECDH, avec un contenu en AES ou Triple DES. - Les clés. Vos anciennes clés privées, en PEM ou en PKCS #12, avec leur certificat quand il existe. La première clé qui ouvre un message est utilisée.
- Les sorties. Un fichier
.pqc.p7mpar entrée, chiffré sous le profil ANSSI, en hybride ML-KEM et ECDH. Un message signé puis chiffré garde sa signature à l'intérieur. - Le journal. Une ligne JSON par fichier, avec le statut, les algorithmes rencontrés et l'empreinte SHA-256 de l'entrée et de la sortie.
Des lots qui se relancent sans risque
Une migration d'archives se compte en milliers de fichiers, et elle sera interrompue un jour ou l'autre. Le journal sert à cela. Relancée avec le même journal, la commande saute ce qui est déjà fait, en le reconnaissant à ses empreintes, et reprend là où elle s'était arrêtée. Une sortie inattendue dans le répertoire, déposée par quelqu'un d'autre ou laissée par un autre lot, fait échouer l'entrée au lieu d'être écrasée.
Chaque sortie n'apparaît qu'une fois complète sur le disque. Un échec sur un fichier n'arrête pas le lot, et le code de sortie dit à votre script si tout est passé, si certains messages n'ont trouvé aucune clé, ou si autre chose a échoué.
Ce qui est stocké aujourd'hui en RSA est lisible demain par quiconque en garde une copie. Le rechiffrement est le seul moyen de reprendre la main.
Par où commencer
- Recenser. Où sont vos archives chiffrées, avec quelles clés, et combien de temps elles doivent rester confidentielles.
- Essayer. Un lot de quelques fichiers, puis
fpqc inspectsur les sorties pour voir les destinataires et les algorithmes, sans aucune clé. - Migrer. Les archives que vous détenez, lot par lot, en conservant les journaux comme trace de ce qui a été fait.
- Décider. Le moment où les anciennes copies classiques et les anciennes clés n'ont plus de raison d'être, selon vos propres règles de conservation.
Une précaution, enfin. Un message classique n'a pas d'intégrité propre. Le rechiffrement est fait pour les archives que vous détenez, pas pour traiter en service des messages envoyés par des tiers.
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